Blaireaux : la Nièvre, un des derniers départements à prolonger leur massacre

Une nouvelle fois cette année, la Préfecture de la Nièvre a prolongé de 4 mois la saison de chasse du blaireau par la méthode du déterrage, en pleine période d’émancipation des blaireautins et ce malgré une large majorité d’avis défavorable lors de la consultation publique.

Comme le précise la LPO BFC, dans les terriers il y aura des blaireautins non émancipés au 15 juin mais aussi au 1er juillet, ces deux arrêtés sont donc non conformes au code de l’environnement : une étude, menée de 2003 à 2021 en France(2), démontre que les petits du blaireau naissent principalement entre janvier et avril et sont sevrés à l’âge de 4 mois. Sevrés oui, mais loin d’être émancipés ! En effet, plusieurs mois après le sevrage, le blaireautin reste dépendant de sa mère aussi bien au niveau alimentaire qu’au niveau comportemental et hiérarchique. Le blaireautin est ainsi considéré comme émancipé et indépendant qu’autour de 6 à 8 mois minimum (entre août et novembre selon la période de naissance). Tuer la mère d’un blaireautin entre juin et septembre, c’est donc le condamner à court terme.
De plus, la vénerie sous terre, méthode non sélective et violente, tue sans distinction les individus, adultes comme jeunes. Or, l’article L. 424-10 du Code de l’Environnement indique qu’« Il est interdit de détruire, d’enlever, de vendre, d’acheter et de transporter les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée. ».  Cette interprétation a récemment été confirmée par la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux. Celle-ci a rappelé que la notion de « petits de mammifères » au sens de l’article L.424-10 du Code de l’environnement doit être entendue comme les individus n’ayant pas atteint leur autonomie et incapables de survivre seuls sans dépendance maternelle, et qu’elle ne se limite donc pas à la seule période de sevrage. 

La Nièvre est un des derniers départements à autoriser cette aberration, comme le montre la carte de l’ASPAS. Pourtant, cette fois-ci comme pour les dernières consultations publiques liées à ces projets d’arrêtés dans la Nièvre, vous avez été près de 90 % à déposer des avis défavorables ! Merci pour cette mobilisation exceptionnelle. Cependant, l’avis majoritaire n’a pas été retenu par la préfecture qui signe et persiste et donne satisfaction aux chasseurs. En effet, dans le but de justifier cette période complémentaire les chasseurs (à l’origine de ce projet d’arrêté) s’appuient sur une enquête évaluant la population de blaireaux, cette enquête menée par leurs propres soins, sans protocole scientifique rigoureux, les place en position de juge et partie, sans qu’aucun acteur extérieur et impartial, ou administration ne puisse en vérifier la validité. Ils ne peuvent en aucun cas affirmer sur cette base que la pratique de la vénerie ne porte pas atteinte à l’état de conservation de l’espèce ! 

Adret Morvan s’oppose donc résolument à ces arrêtés injustifiés et cruels que nous considérons non conforme au droit et qui se répète d’année en année ! Nous continuerons à en dénoncer l’ineptie.

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