Les 10 infos que l’on vous cache sur l’incinérateur-scierie de Sardy lès Épiry

1 Les rejets atmosphériques :
271 tonnes de polluants
par an rejetés dans l’atmosphère

Les déchets employés par ERSCIA sont susceptibles de contenir des polluants tels les composés organiques halogénés, des métaux lourds, des conservateurs chimiques, des déblais provenant de sites contaminés. Le préfet en autorise jusqu’à 75 % du total.
En cohérence de ces 75 % de déchets, l’arrêté préfectoral autorise 271 tonnes par an de polluants divers uniquement dans l’atmosphère.
(voir définition wikipédia des différents polluants)

2 On nous dit que l’incinérateur ne brûlera pas d’ordures ménagères mais on nous cache que c’est pire

L’incinérateur à ordures de Fourchambault pollue moins que celui de Sardy. Notre incinérateur brûlera essentiellement des déchets de bois «usés» qui contiennent des polluants (vernis, colles etc.), avec une dérogation pour brûler à une température plus basse que la norme, ce qui augmente les rejets polluants.
En comparant l’arrêté préfectoral de l’incinérateur de Sardy et l’arrêté ministériel de Fouchambault, nous constatons, pour la plupart, des taux de pollution 1,5 fois supérieurs à Sardy
P. 24 art. 3.2.4.1 de l’arrêté préfectoral du 19 avril 2012
annexe 1 de l’arrêté ministériel du 20 sept. 2002

3 On contrôlera moins notre incinérateur alors qu’il polluera plus !

L’arrêté autorise aussi des contrôles beaucoup plus laxistes de l’incinérateur de Fourchambeau. On s’aperçoit que pour certains paramètres : HCL, HF, dioxines, le contrôle ne sera effectué par un organisme agréé indépendant qu’une fois par an, sans aucun suivi par ERSCIA durant 12 mois !

4 L’avis du Ministère de l’Environnement

Le dossier présenté est tellement « respectueux de l’environnement » (Cf. Brochure de la communautée de communes) que le ministère conclut son rapport par « Au vu de l’insuffisance flagrante de ce dossier, avis défavorable ».
De même le rapport de la Présidente de DECAVIPEC, représentante des associations environnementales au CODERST (commission sous l’égide du préfet) du 20 mars conclut :
« Ce projet ne peut voir le jour qu’à une condition : faire abstraction de l’environnement. »

5 L’incinérateur a l’autorisation de brûler jusqu’à 75% de bois non biomasse

Les 75% de bois non assimilable à de la Biomasse concernent les bois peints, vernis, plaquages, panneaux de particules, bois de démolition… Ces types de bois sont classés «non-dangereux», les «dangereux» correspondant aux bois imprégnés type traverses de voies ferrées. La non-dangerosité de ces bois est donc toute relative et permet d’expliquer pourquoi le préfet autorise notre incinérateur à polluer plus qu’un incinérateur à ordure.

Nomenclature p.47 art. 8.1.1 de l’arrêté préfectoral du 19 avril 2012
Un certain nombre de déchets bois présents dans la liste sont de la biomasse (déchet de sylviculture, sciure brut…)

6 C’est 170 camions par jour sur les routes du Morvan et Corbigny.

170 camions de plus par jour prévus dans Corbigny et le Morvan sans garantie que le rail fera bien le solde.
En effet, aucun engagement formel, aucune contrainte ne pèse sur l’exploitant pour le transport par rail. Pour le dossier il n’a même pas fait chiffrer le projet par Voies ferrées de France. Il faut aussi savoir que le principal actionnaire de l’exploitant est l’un des plus gros transporteurs routiers européens. Dans le même état d’esprit, l’exploitant a refusé de dévoiler ses circuits d’approvisionnement, se retranchant derrière le secret professionnel.

7 Qui payera l’entretien des routes inadaptées du Morvan, défoncées par les
grumiers ?

C’est nous qui allons payer avec nos impôts la réfection des routes ou qui allons user prématurément nos voitures sur les routes défoncées. Il faut savoir que le rapport d’usure des routes est de 100 000 entre une voiture et un 40 tonnes. C’est pire avec les grumiers. Ce projet privé coûte déjà entre 5 et 7 millions d’euros à la collectivité et ça ne fait que commencer.
Mis à part l’aménagement du site et le futur rond point de Marcilly, rien n’est prévu, pourtant les routes sont trop petites, la voie ferrée inopérante, même les réseaux électriques semblent mal évalués…

8 Moins de 50 emplois sur les 120 promis

Nos élus promettent 120 emplois, mais savent que les entreprises surévaluent les chiffres. La scierie «Fruytier» porteuse d’un projet similaire en 2007 à Corbigny, installée maintenant à La-Roche-en-Brenil promettait 120 emplois. Après 3 ans c’est environ 50 !
C’est sans compter la destruction des emplois actuels dans la filière bois. En Belgique, où une usine présentée comme soeur de la notre s’est installée en 1999, la filière bois locale s’est écroulée au bout de quelques années et les destructions d’emplois ont été équivalentes aux créations. Les camions,eux, sont bien là et les petits commerces du secteur en sont très affectés.

9 L’enrésinement et les coupes à blanc vont exploser dans le Morvan.

Le saccage de la forêt commencé dans les années 70 par les banquiers et assureurs français va s’accélérer avec la pression des investisseurs belges et luxembourgeois. Le producteur belge d’électricité, très controversé, «Électrabel» y participera aussi en re-verdissant son image avec un contrat d’exclusivité pour brûler les pelets produits à Corbigny, puis transportés en Belgique à plus de 500 km … Ces gens là considèrent le Morvan comme un placement financier à rentabiliser au plus vite au détriment de nos enfants et des générations futures, des sols, de l’eau, de l’air…

10 Le potentiel economique de la région sera détruit en 20 ans…

Le bois et le tourisme sont les 2 atouts du Pays Corbigeois.
Une exploitation du bois durable et créatrice d’emplois est possible, mais le projet de Sardy-Corbigny induit une exploitation encore plus industrielle de la forêt, avec des machines qui détruisent les sols et suppriment les emplois.
Le tourisme participe aujourd’hui fortement à l’activité économique du pays Corbigeois. Lorsque l’air, l’eau, les sols seront contaminés par les polluants, que des norias de camions descendront les routes du Morvan et traverseront nos villages (170 camions par jour en plus du trafic existant), quels intérêts les touristes trouveront-ils à venir en vacances chez nous?