La biomascarade du business vert

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Les grosses unités biomasse de production d’électricité déstabilisent le marché en bénéficiant du rachat bonifié de l’électricité et de subventions. Les investisseurs sont nombreux à vouloir profiter de la manne financière. Mais les plans d’approvisionnements sont incohérents, très vastes, voire faisant appel au marché mondial. Ils se chevauchent et sont au final très négatifs en termes de bilan carbone, objet du rachat bonifié d’électricité !
Ces grosses unités énergétiques, mais parfois aussi les grosses scieries industrielles ne tiennent pas compte des projets engagés localement et sont en concurrence frontale et déloyale avec d’autres industries usant de la même ressource. La pression qu’elles mettent sur les ressources locales n’est pas compatible avec les capacités de production durable de la forêt.
Cette situation n’est pas tenable, il faut une gestion nationale des projets en concertation avec les territoires et des plans d’approvisionnement précis, locaux, durables ainsi qu’un bilan carbone cohérent de l’amont à l’aval.
La relocalisation dans les territoires et le développement de petites unités de production d’énergie, prioritairement orientées vers la production de chaleur, proches de la ressource, est l’alternative principale à promouvoir.

Les grosses unités biomasse de production d’électricité bénéficient d’un prix de rachat bonifié de la part d’EDF. Cette manne financière attire de nombreux investisseurs français et étrangers. Pourtant le rendement de ces usines est médiocre, elles déstabilisent la filière en monopolisant la ressource, incitent à la monoculture et aux rotations rapides, au détriment de gros bois à forte valeur ajoutée.

Ces unités consomment des volumes de bois impressionnants (jusqu’à 3000 tonnes par jour) et ont un rayon d’approvisionnement important (300, 400 voire 500km). Certains prévoient même une importation de bois du continent américain ! En étudiant les dossiers de près, on constate que les schémas d’approvisionnement – lorsqu’ils ne sont pas indigents ou volontairement occultés par le porteur du projet – sont irréalistes et qu’ils se chevauchent entre eux, la ressource potentielle estimée étant donc multipliée par le nombre de projets! L’addition de tous les projets est sans rapport avec une ressource durable, la plupart envisagent de brûler les rémanents d’exploitation voire des souches, ce qui est une catastrophe pour la pérennité des sols forestiers.

Les approvisionnements lointains par camions, additionnés à l’enlèvement des rémanents, induisent une émission importante de carbone d’origine fossile et un déstockage massif et irrémédiable du carbone du sol, alors que la bonification du rachat d’électricité verte cherche justement à réduire les émissions de carbone! Le bilan C02 n’est neutre que si les sols ne sont pas mis à nu et si l’approvisionnement est local. L’appât du gain engendré par les dispositifs de bonification conduit aussi certains à brûler du bois d’œuvre dont le carbone a vocation à être stocké par d’autres usages comme la construction.

Les petites unités de production de chaleur dont la production d’électricité est complémentaire ont, le plus souvent, un intérêt certain dans le cadre de la transition énergétique si elles sont proches de la ressource. Les grosses unités, elles, sont la plupart du temps un non-sens économique et écologique, grosses consommatrices d’argent public et grosses émettrices de carbone.

Un état responsable devrait organiser avec les collectivités locales, une régulation qui tienne compte de la ressource disponible et des projets de développement locaux engagés ou prévus. Sans une régulation la France court directement à la catastrophe industrielle et écologique.
La relocalisation dans les territoires et le développement de petites unités de production d’énergie, prioritairement orientées vers la production de chaleur, proches de la ressource, est l’alternative principale à promouvoir.