Monsieur Le président de la République,
La forêt française et la COP 21 vous regardent.
Agissez !

La COP21 constitue un enjeu crucial tant pour les peuples du monde que pour l’environnement.

Le collectif SOS Forêt France veut aujourd’hui vous interpeller sur le rôle fondamental que pourraient jouer les écosystèmes forestiers et leur gestion parmi les solutions à trouver pour faire face aux bouleversements climatiques et écologiques.

En 2015, alors que Paris s’apprête à accueillir la COP 21, le bois cache littéralement la forêt.

Les arbres et les sols forestiers fixant le CO2 de manière très efficace, les forêts sont de plus en plus perçues comme instruments d’équilibrage de la charge atmosphérique en gaz à effet de serre. Or, des équations simplistes sont en train d’entraîner des dérives dramatiques. Elles sont véhiculées à seule fin de couper plus de bois et de légitimer toutes les méthodes visant à augmenter la pression d’exploitation sur les forêts.

Nous demandons que la recherche de solutions forêt-bois aux changements climatiques fasse l’objet d’un réel débat, assis sur des bases scientifiques.

Nos seules et uniques possibilités connues de stockage du carbone atmosphérique se trouvent en forêt et dans le bois d’œuvre. Pourtant, les politiques forestières actuelles, qui visent à alimenter la filière mondiale en quantité plus qu’en qualité, et les subventions « vertes » accordées aux grosses industries du bois biomasse, conduisent à anéantir ces opportunités vitales. Alors que la combustion du bois est censée avoir un bilan neutre en carbone, -ce qu’elle n’a pas, tous les scientifiques le savent-, la politique actuelle du rajeunissement des forêts et du bois-énergie à tous prix contribue de fait à piller les forêts et aggraver la crise écologique : celle du climat et celle, tout aussi dramatique, de la biodiversité.

L’intérêt de la production de bois vis-à-vis des changements climatiques ne peut s’évaluer qu’au regard de la sylviculture et de l’usage des bois.

En dépit d’un mensonge devenu hélas institutionnel, les forêts anciennes et diversifiées sont plus résistantes aux aléas climatiques que les plantations aussi « sélectionnées » soient-elles. La meilleure garantie de durabilité de la production –car nous avons besoin du bois pour ses usages nobles et à haute valeur ajoutée- est la protection de son moteur biologique, fondé sur la fertilité des sols et la régulation naturelle des parasites et ravageurs.

Aux Assises nationales de la forêt de Gardanne, les 16-17-18 octobre dernier, – labellisées COP21- le Collectif SOS Forêt France a réuni près de 300 personnes autour d’intervenants nationaux et internationaux, professionnels de la forêt, artistes, associations en lutte ou de promotion d’expériences alternatives,… autant de porte-parole très divers de la société civile.

Parce que la forêt est notre patrimoine commun et que ce patrimoine est bradé et en péril, le Collectif SOS Forêt France interpelle aujourd’hui le président François Hollande dans une lettre ouverte,
accompagnée de propositions concrètes : sur le site internet du Collectif SOS Forêt France : http://www.sosforet.org/